Banque pro
Banque pro pour auto-entrepreneur : obligatoire ou pas, et laquelle prendre selon votre usage
Un compte dédié devient obligatoire au-delà de 10 000 € de CA deux années de suite, un compte pro jamais. Les offres à 0 € et à moins de 10 € comparées selon vos virements, espèces et chèques.
Le relevé
Vérifié le| Fait | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires annuel au-delà duquel, deux années civiles de suite, un micro-entrepreneur doit avoir un compte bancaire dédié à son activité | 10 000 € | economie.gouv.fr, 6 septembre 2026 |
| Comptes gratuits avec IBAN français ouverts aux micro-entrepreneurs, sans dépôt d'espèces ni de chèques (Indy, Finom Solo) | 0 €/mois | indy.fr, 6 septembre 2026 |
| Première offre payante des néobanques pro pour un indépendant (Blank Simple, Propulse Start, Qonto Basic, Shine Start) | 6 à 9 € HT/mois | Pages tarifaires officielles, 6 septembre 2026 |
En clair
Un auto-entrepreneur n'a jamais l'obligation d'ouvrir un compte « professionnel ». La loi lui impose seulement un compte dédié à son activité, qui peut être un simple second compte courant, dès que son chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années civiles de suite. En pratique, séparer dès le premier euro évite de trier ses relevés, et une néobanque gratuite ou à moins de 10 € par mois fait l'affaire dans la grande majorité des cas. Le choix se fait sur votre usage : virements, espèces, chèques, encaissement par carte.
Ce que la loi impose, exactement
Depuis la loi PACTE de 2019, un micro-entrepreneur doit détenir un compte bancaire dédié à son activité lorsque son chiffre d’affaires a dépassé 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Trois précisions :
- « dédié » ne veut pas dire « professionnel » : un second compte courant à votre nom, utilisé uniquement pour l’activité, suffit ;
- sous 10 000 €, aucune obligation ;
- l’obligation vise la séparation des flux, pour vos déclarations et en cas de contrôle, pas le produit bancaire.
Une société (EURL, SASU) est dans une situation différente : elle a besoin d’un compte à son nom dès la création, pour le dépôt de capital.
Pourquoi séparer dès le premier euro
Même sous 10 000 €, un compte à part vous fait gagner du temps à chaque déclaration : le chiffre d’affaires encaissé se lit sur le relevé, les frais aussi, et le livre des recettes se remplit à partir des mouvements. En cas de contrôle, vous ne mélangez pas vos courses et vos clients. Et la plupart des conventions de compte de particulier interdisent l’usage professionnel : autant ne pas dépendre de la tolérance de votre banque.
Les offres pour un micro-entrepreneur, tarifs vérifiés le 6 septembre 2026
| Offre | Prix HT/mois | Virements inclus | Virement en plus | Espèces | Chèques | IBAN |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Indy Compte pro | 0 € | Illimités | 0 € | Non | Non | FR |
| Finom Solo | 0 € | Gratuits jusqu’à 2 500 €/mois | 0,3 % du montant au-delà | Non | Non | FR |
| Blank Simple | 6 € | 30 | 1 € | Retraits à 1 € | Non | FR |
| Propulse by CA Start | 8 € | Illimités (30 000 €/mois) | 0 € | Non | Non | FR |
| Qonto Basic | 9 € | 30 | 0,20 € | Non | Oui, tarif à part | FR |
| Shine Start | 9 € | 30 | 0,40 € | 4 % du montant | 2 dépôts inclus | FR |
| Revolut Business Basic | 10 € | 10 | 0,20 € | Non | Non | FR |
Toutes acceptent les micro-entrepreneurs ; Propulse by CA est réservée aux entrepreneurs individuels. Les prix sont ceux des pages tarifaires officielles ; les offres de bienvenue et mois offerts ne sont pas comptés.
Choisir selon votre usage
| Votre usage | Ce qui convient | Ce qu’il faut éviter |
|---|---|---|
| Moins de dix virements par mois, ni espèces ni chèques | Un compte gratuit : Indy ou Finom Solo | Payer 9 € pour des services que vous n’utiliserez pas |
| Beaucoup de virements sortants (fournisseurs, sous-traitants) | Propulse Start ou Indy (illimités), sinon un forfait de 100 virements | Les offres à 10 ou 30 virements inclus, dont le surcoût grimpe vite |
| Dépôts de chèques réguliers | Shine (2 inclus sur Start, 6 sur Plus) ou Qonto | Les comptes gratuits, qui ne les acceptent pas |
| Dépôts d’espèces | Shine (4 % puis 3 %), ou une banque traditionnelle si les montants sont élevés | Tout le reste |
| Encaissement par carte en boutique | Vérifier le terminal de paiement de l’offre ou un prestataire indépendant | Choisir la banque avant d’avoir comparé les frais d’encaissement |
| Besoin d’un crédit professionnel | Une banque traditionnelle, éventuellement en plus de la néobanque | Compter sur une néobanque pour un prêt |
Le simulateur de coût réel additionne abonnement, virements, espèces et chèques pour votre usage et classe les offres par coût annuel, en écartant celles qui ne couvrent pas vos besoins.
Ouvrir le compte : ce qu’on vous demande
- Une pièce d’identité en cours de validité.
- Un justificatif de domicile de moins de trois mois.
- Votre avis de situation au répertoire SIRENE, disponible sur le site de l’INSEE dès l’attribution de votre SIRET.
- Une vérification d’identité par vidéo ou par photo du document, pour les néobanques.
Comptez de quelques minutes à quelques jours. Si vous créez votre activité et votre compte en même temps, ouvrez le compte dès que le SIRET est attribué : vos premiers clients paieront au bon endroit.
En cas de refus
Une banque peut refuser sans se justifier. Après un refus écrit, ou quinze jours sans réponse, vous pouvez saisir la Banque de France au titre du droit au compte : elle désigne sous un jour ouvré une banque tenue de vous ouvrir un compte avec les services de base, gratuitement. Les néobanques refusent surtout certaines activités (crypto, jeux, armes, activités réglementées spécifiques) et les personnes non résidentes ; une activité classique de services ou de vente n’a en général aucun mal à trouver preneur.
Et le jour où vous passez en société
Le compte de micro-entrepreneur ne suit pas : une EURL ou une SASU a son propre compte, ouvert au nom de la société, qui reçoit le dépôt de capital avant l’immatriculation. Indy et Qonto intègrent le dépôt de capital ; Shine le propose en pack. Le chantier banque pro détaille le dépôt de capital et le changement de banque.
Questions fréquentes
- Ma banque peut-elle refuser que j'utilise mon compte personnel pour mon activité ?
- Oui. Beaucoup de conventions de compte de particulier interdisent l'usage professionnel, et une banque qui constate des encaissements réguliers de clients peut vous demander d'ouvrir un compte adapté, voire clôturer le compte. C'est une règle contractuelle, pas légale, mais elle s'applique.
- Un second compte courant classique suffit-il légalement ?
- Oui. L'obligation porte sur un compte dédié, pas sur un compte professionnel. Un compte courant à votre nom, réservé à l'activité, respecte la loi. Vérifiez seulement que la convention n'en interdit pas l'usage professionnel.
- Quels documents pour ouvrir un compte en micro-entreprise ?
- Une pièce d'identité, un justificatif de domicile récent, et votre avis de situation au répertoire SIRENE, téléchargeable sur le site de l'INSEE dès que votre SIRET est attribué. Les néobanques vérifient l'identité par vidéo ou par prise de vue du document, en quelques minutes.
- Que faire si toutes les banques me refusent ?
- Saisir la Banque de France au titre du droit au compte : elle désigne une banque qui doit vous ouvrir un compte avec les services bancaires de base, gratuitement. La procédure se fait en ligne ou en agence de la Banque de France avec les refus écrits, ou après quinze jours sans réponse.
- Qonto, Shine, Indy : lequel pour un micro-entrepreneur ?
- Sans espèces ni chèques et avec peu de virements, un compte gratuit (Indy, Finom Solo) suffit. Avec des chèques ou des dépôts d'espèces, Shine est la seule néobanque de notre relevé à accepter les deux, contre commission. Avec beaucoup de virements, comparez les forfaits : le simulateur classe les offres par coût annuel pour votre usage.