Facturation électronique
Mentions obligatoires d'une facture : la liste complète en 2026
Les mentions à porter sur une facture entre professionnels, les quatre ajoutées par la facturation électronique, le cas de la franchise en base, et l'amende par mention manquante.

Le relevé
Vérifié le| Fait | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Amende par omission ou inexactitude constatée sur une facture, le total ne pouvant dépasser le quart du montant de la facture | 15 € | Légifrance, article 1737 du code général des impôts, 9 septembre 2026 |
| Mentions ajoutées par la réforme de la facturation électronique, en plus des mentions classiques, à l'article 242 nonies A de l'annexe II au code général des impôts | 4 mentions | Légifrance, article 242 nonies A de l'annexe II au CGI, 9 septembre 2026 |
| Montant hors taxes en dessous duquel la facture peut se passer du numéro d'identification à la TVA | 150 € HT | service-public.gouv.fr, mentions obligatoires sur une facture, 9 septembre 2026 |
En clair
Une facture entre professionnels porte une quinzaine de mentions : date d'émission, numéro unique et continu, identités et adresses des deux parties, numéro SIREN, date de la vente ou de la prestation, désignation détaillée, prix unitaire hors taxes, taux de TVA, totaux hors taxes et toutes taxes, date de règlement, taux des pénalités de retard et indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. La réforme de la facturation électronique en ajoute quatre : le SIREN du client, l'adresse de livraison si elle diffère, la nature de l'opération et l'option pour le paiement de la TVA d'après les débits.
Quelles mentions doivent figurer sur toute facture ?
Une facture est un document réglementé, pas une lettre libre. Le code de commerce impose de la délivrer dès la livraison ou la fin de la prestation, et le code général des impôts fixe ce qu’elle doit contenir.
Voici la liste, telle que l’administration la publie.
| Mention | Ce que vous écrivez |
|---|---|
| Date d’émission | Le jour où vous établissez la facture |
| Numéro de facture | Un numéro unique, issu d’une séquence chronologique et continue, sans trou |
| Date de la vente ou de la prestation | Le jour de la livraison ou de la fin d’exécution, s’il diffère de la date d’émission |
| Identité du vendeur | Pour un entrepreneur individuel : nom, prénom, mention « EI », adresse, numéro SIREN. Pour une société : dénomination, forme juridique, capital social, adresse du siège, numéro SIREN |
| Identité du client | Nom complet ou dénomination et adresse |
| Numéro du bon de commande | Quand l’acheteur en a établi un |
| Numéro d’identification à la TVA | Du vendeur et du client professionnel redevable, sauf si le total est inférieur ou égal à 150 € hors taxes |
| Désignation | Nature, marque, référence des produits, ou matériaux et main-d’œuvre pour une prestation |
| Décompte détaillé | Quantité, dénomination précise, prix unitaire hors taxes et taux de TVA de chaque ligne |
| Totaux | Somme totale hors taxes et somme totale toutes taxes comprises |
| Majorations et réductions | Frais de transport et d’emballage, rabais, remises et ristournes acquis à la date de l’opération |
| Date de règlement | Date d’échéance, et conditions d’escompte en cas de paiement anticipé, ou la mention « néant » |
| Pénalités de retard | Le taux applicable dès le lendemain de la date de règlement, sans rappel nécessaire |
| Indemnité forfaitaire | 40 € pour frais de recouvrement, réclamable aux seuls clients professionnels |
Deux règles se glissent souvent sous le radar. Le numéro doit être continu : une facture annulée se remplace par un avoir, jamais par un trou dans la numérotation. Et la date de règlement est une mention en soi : « à réception » ou « sous 30 jours » suffit, mais l’absence de toute date est une omission sanctionnable.
Quelles mentions la facturation électronique ajoute-t-elle ?
Quatre, inscrites à l’article 242 nonies A de l’annexe II au code général des impôts.
- Le numéro SIREN de votre client professionnel. C’est lui qui permet à l’annuaire de retrouver la plateforme du destinataire.
- L’adresse de livraison des biens, si elle diffère de l’adresse du client.
- La nature de l’opération : livraison de biens, prestation de services, ou les deux.
- L’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, si vous l’avez prise.
Ces quatre mentions s’appliquent depuis le 1er septembre 2026 aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, qui émettent déjà en électronique. Pour les micro-entreprises, les TPE et les PME, elles arrivent avec l’obligation d’émission, le 1er septembre 2027. Le calendrier détaillé donne les dates par taille d’entreprise, et le simulateur vous dit en trois questions à quelle date vous basculez.
Rien ne vous empêche de les porter dès aujourd’hui sur vos factures papier ou PDF. C’est même le moyen le plus simple de prendre l’habitude avant que le format ne l’exige.
Que doit écrire un micro-entrepreneur en franchise de TVA ?
La même liste, avec une substitution. Là où une entreprise redevable indique un taux et un montant de TVA, vous portez la mention « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts ». Vos totaux hors taxes et toutes taxes comprises sont alors identiques.
Le reste ne bouge pas : numéro continu, dates, identités, mention « EI » après vos nom et prénom si vous exercez en entreprise individuelle, numéro SIREN, désignation détaillée, date de règlement, pénalités de retard et indemnité de 40 € pour vos clients professionnels.
Et vous êtes bien dans le périmètre de la réforme, franchise ou non. La facture électronique sans TVA explique comment les champs de TVA sont remplis dans le fichier structuré : à zéro, avec le motif d’exonération.
Quelles mentions dépendent de votre situation ?
Certaines ne concernent qu’une partie des entreprises. Elles s’ajoutent à la liste générale.
| Situation | Mention à porter |
|---|---|
| Franchise en base de TVA | « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts » |
| Autoliquidation | La mention d’autoliquidation, quand la TVA est due par l’acquéreur |
| Facture établie par le client | La mention d’autofacturation |
| Activité artisanale soumise à assurance | Les références de l’assurance professionnelle, les coordonnées de l’assureur et la couverture géographique du contrat |
| Vente d’équipements électriques ou de meubles | L’éco-participation |
| Vente de supports d’enregistrement | La rémunération pour copie privée |
| Vente à un particulier | La garantie légale de conformité d’au moins deux ans, pour certaines catégories de biens |
Si vous exercez un métier du bâtiment, la mention d’assurance n’est pas une formalité : c’est la preuve, sur chaque facture, que le chantier est couvert.
Que risquez-vous si une mention manque ?
Deux régimes de sanction cohabitent, et ils ne visent pas la même chose.
Le premier est fiscal. Toute omission ou inexactitude constatée dans une facture donne lieu à une amende de 15 €, sachant que le total des amendes dues pour une même facture ne peut pas dépasser le quart du montant qui y est mentionné. Une facture de 400 € mal rédigée coûte donc au plus 100 €, même si dix mentions manquent.
Le second est économique. Le code de commerce punit le défaut de facturation d’une amende administrative pouvant aller jusqu’à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, portée à 150 000 € et 750 000 € en cas de nouveau manquement dans les deux ans. Ces plafonds visent des pratiques d’entreprise, pas l’oubli d’une ligne sur une facture d’indépendant.
Il existe une troisième sanction, distincte des deux précédentes : celle qui frappera l’émission d’une facture hors plateforme agréée après le 1er septembre 2027. Elle est détaillée, avec les plafonds annuels et la procédure de mise en demeure, dans le guide des sanctions de la facturation électronique.
Une petite facture peut-elle être allégée ?
En partie. En dessous de 150 € hors taxes, la facture peut se passer du numéro d’identification à la TVA du vendeur et du client. Toutes les autres mentions restent dues : le seuil allège un champ, il ne transforme pas la facture en ticket.
Un ticket de caisse n’est d’ailleurs pas une facture. Si votre client professionnel vous en demande une, vous devez l’établir, quel que soit le montant.
Par quoi commencer si vos factures datent un peu ?
- Ouvrez votre dernière facture et comparez-la ligne à ligne au tableau ci-dessus.
- Vérifiez la continuité de votre numérotation depuis le début de l’exercice.
- Ajoutez la date de règlement, le taux des pénalités de retard et l’indemnité de 40 € si elles manquent : ce sont les trois oublis les plus fréquents chez les indépendants.
- Ajoutez les quatre mentions de la réforme, en commençant par le SIREN de vos clients professionnels.
- Enregistrez le résultat comme modèle dans votre outil de facturation, ou changez d’outil si le vôtre ne sait pas les porter. Les avis d’Indy, d’Abby et de Tiime détaillent ce que chacun gère dans son offre gratuite.
Ce qui n’est pas encore tranché
La liste des mentions est stable, sa traduction dans les formats structurés l’est moins. Les spécifications françaises publiées par l’administration évoluent au fil de la réforme, et le champ exact qui portera telle mention peut encore bouger d’ici l’échéance d’émission du 1er septembre 2027. Ce que vous avez à en faire ne changera pas : c’est l’éditeur de votre plateforme qui suit ces versions. Le format Factur-X explique comment les données et la représentation lisible cohabitent dans un même fichier.
Questions fréquentes
- Quelles mentions un micro-entrepreneur doit-il ajouter ?
- En franchise en base de TVA, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts » remplace le taux et le montant de TVA. Un entrepreneur individuel porte aussi ses nom et prénom suivis de la mention « EI », son adresse et son numéro SIREN. Le reste de la liste est le même que pour une société.
- Que risque-t-on si une mention manque ?
- Toute omission ou inexactitude constatée sur une facture donne lieu à une amende de 15 €, le total des amendes dues pour une même facture ne pouvant dépasser le quart du montant qui y figure. Une sanction séparée, bien plus lourde, existe côté code de commerce en cas de défaut de facturation : jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale.
- Faut-il indiquer le numéro de TVA sur une petite facture ?
- Pas en dessous de 150 € hors taxes : la facture peut alors se passer du numéro d'identification à la TVA. Les autres mentions restent dues. En franchise en base, la question ne se pose pas de la même façon, puisque vous portez la mention de l'article 293 B.
- L'indemnité de 40 € doit-elle figurer sur une facture à un particulier ?
- Non. L'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ne peut être réclamée qu'à un client professionnel. Sur une facture à un particulier, elle n'a pas lieu d'être mentionnée, pas plus que le taux des pénalités de retard entre professionnels.
- Mon logiciel gère-t-il les nouvelles mentions tout seul ?
- Les plateformes agréées et les logiciels de facturation à jour placent les quatre mentions de la réforme dans les champs prévus par le format. Si vous facturez encore sous traitement de texte ou tableur, personne ne les ajoutera à votre place. C'est la raison la plus concrète de changer d'outil avant le 1er septembre 2027.
- Les mentions changent-elles avec la facture électronique ?
- La liste ne change pas, sa forme change. Les mêmes informations sont rangées dans des champs normés du fichier structuré au lieu d'être écrites librement sur un PDF. Quatre mentions s'ajoutent, et c'est votre outil qui remplit les champs.
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