Facturation électronique

Sanctions de la facturation électronique : les amendes en 2027

50 € par facture non électronique, 500 € par transmission d'e-reporting manquante, plafonds de 15 000 € par an, et la première infraction non sanctionnée.

Franc Pro · Publié le · Mis à jour le · 9 min de lecture

Sanctions de la facturation électronique : les amendes en 2027 : le relevé Franc Pro, vérifié le 13/09/2026

Le relevé

Vérifié le
Trois faits vérifiés, avec leur valeur et leur source datée
FaitValeurSource
Amende due par facture qui n'est pas émise sous forme électronique, le total ne pouvant dépasser 15 000 € par année civile50 € par factureservice-public.gouv.fr, sanctions en matière de facturation électronique, 11 septembre 2026
Amende due par transmission de données de transaction ou de paiement manquante, avec son propre plafond de 15 000 € par année civile500 € par transmissionservice-public.gouv.fr, facturation électronique : les sanctions évoluent, 11 septembre 2026
Délai laissé par la mise en demeure à l'entreprise qui ne reçoit pas ses factures par une plateforme agréée, avant une amende de 500 € puis de 1 000 €3 moisservice-public.gouv.fr, sanctions en matière de facturation électronique, 11 septembre 2026

En clair

Trois sanctions se superposent. Une facture qui devait être électronique et qui ne l'est pas coûte 50 €, dans la limite de 15 000 € par année civile. Une transmission de données manquante coûte 500 €, dans une limite identique et distincte. Une mention obligatoire oubliée coûte 15 €, sans que le total dépasse 25 % du montant de la facture. Pour une micro-entreprise ou une TPE, les deux premières ne peuvent jouer qu'à partir du 1er septembre 2027. Une première infraction réparée spontanément ou dans les trente jours n'est pas sanctionnée, et l'administration annonce qu'aucune sanction ne sera appliquée en 2026.

Quelles amendes la facturation électronique prévoit-elle ?

Trois manquements distincts, trois montants. L’amende par facture non électronique, la mise en demeure sur la réception et l’amende par mention manquante sont inscrites à l’article 1737 du code général des impôts ; l’amende par transmission de données manquante relève de l’article 1788 D, comme celle des plateformes agréées.

ManquementMontantPlafond
Facture non émise sous forme électronique50 € par facture15 000 € par année civile
Données de transaction ou de paiement non transmises500 € par transmission15 000 € par année civile
Factures non reçues par une plateforme agréée500 € après une mise en demeure de 3 mois, puis 1 000 €1 000 € de plus tous les 3 mois
Omission ou inexactitude d’une mention obligatoire15 € par omission25 % du montant de la facture

Deux chiffres ont changé le 19 février 2026. L’amende par facture non électronique est passée de 15 à 50 €, et l’amende par transmission manquante de 250 à 500 €. Les plafonds annuels, eux, n’ont pas bougé.

Une plateforme agréée qui ne respecte pas ses obligations de transmission encourt de son côté 750 € par transmission manquante ou incorrecte, dans la limite de 100 000 €. Ce risque est celui de votre prestataire, pas le vôtre.

À partir de quand risquez-vous une amende ?

Tout dépend de la taille de l’entreprise, parce que les sanctions suivent les obligations.

Vous êtesAmende possible sur la réceptionAmende possible sur l’émission et l’e-reporting
Micro-entreprise, TPE, PMEDepuis le 1er septembre 2026À partir du 1er septembre 2027
ETI et grande entrepriseDepuis le 1er septembre 2026Depuis le 1er septembre 2026

Autrement dit, un indépendant qui envoie aujourd’hui un PDF par courriel à un client professionnel ne risque aucune amende pour ce motif. Ce qu’il risque déjà, c’est la mise en demeure s’il n’est pas joignable dans l’annuaire par une plateforme agréée. Le calendrier par taille d’entreprise donne les dates, et le simulateur répond en trois questions.

Comment se déroule la sanction sur la réception ?

Elle ne tombe pas d’un coup. C’est la seule des trois qui suit une procédure graduée.

  1. L’administration constate que vous ne recevez pas vos factures par une plateforme agréée et vous met en demeure de vous conformer dans un délai de trois mois.
  2. Si la situation n’a pas changé à l’échéance, une amende de 500 € est prononcée et un nouveau délai de trois mois commence.
  3. Si le manquement persiste encore, l’amende passe à 1 000 €.
  4. Une nouvelle amende de 1 000 € est encourue à chaque période de trois mois tant que vous n’êtes pas en règle.

La régularisation est simple et gratuite dans la plupart des cas : un compte sur une plateforme agréée, une vérification de votre inscription à l’annuaire. La page des plateformes agréées gratuites liste celles qui n’imposent aucun abonnement pour recevoir.

Combien coûte une transmission d’e-reporting oubliée ?

Cinq cents euros par transmission manquante, avec un plafond de 15 000 € par année civile. Ce plafond est distinct de celui des factures : les deux compteurs tournent séparément.

L’e-reporting concerne vos ventes aux particuliers, vos ventes à des clients étrangers et, pour les prestations de services, les données de paiement. C’est votre plateforme qui transmet, à partir de ce que vous avez saisi. L’oubli sanctionné est donc rarement une négligence volontaire : c’est le plus souvent une vente encaissée hors de l’outil et jamais enregistrée.

Le nombre de transmissions attendues dépend de votre régime de TVA, et il change beaucoup le risque : six par an en franchise en base, trente-six au réel normal mensuel. Le guide de la transmission des données à l’administration donne les fréquences et les délais de dépôt.

Quel est le risque maximal sur une année ?

Le calcul se fait sans mystère, à partir des montants officiels.

Un indépendant qui facture dix clients professionnels par mois et qui resterait hors plateforme pendant un an après le 1er septembre 2027 s’exposerait à 120 factures non conformes, soit 6 000 € d’amende. Le plafond de 15 000 € serait atteint à 300 factures, donc autour de 25 factures par mois. En ajoutant les transmissions de données manquantes, qui ont leur propre plafond de 15 000 €, le risque théorique d’une année entière de non-conformité complète atteint 30 000 €.

Ce chiffre est un ordre de grandeur calculé par Franc Pro le 11 septembre 2026, à partir des montants publiés par l’administration. Il décrit une situation extrême, celle d’une entreprise qui n’aurait rien fait pendant douze mois. En pratique, la première infraction réparée n’est pas sanctionnée, et la conformité coûte souvent zéro euro.

Quelles sanctions existaient déjà sur les factures ?

Elles n’ont pas disparu, et elles s’appliquent quel que soit le support de la facture.

SituationSanction
Omission ou inexactitude d’une mention15 € par omission, total plafonné à 25 % du montant de la facture
Identité ou adresse du client ou du fournisseur dissimulée ou modifiée50 % des sommes versées ou reçues
Facture portant une livraison ou une prestation fictive50 % du montant de la facture
Défaut de délivrance d’une facture50 % du montant de la transaction, ramené à 5 % si la preuve que l’opération a été régulièrement comptabilisée est apportée dans les trente jours d’une mise en demeure
Manquement à l’obligation de facturation (code de commerce)Jusqu’à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une société, doublé en cas de nouveau manquement dans les deux ans

Deux précisions utiles. Les amendes pour fausse facture ou défaut de facturation ne se cumulent pas avec celles qui visent les omissions de mentions : l’administration applique l’une ou l’autre. Et quand l’amende est fixée à 50 % du montant des factures, elle est plafonnée à 375 000 € par exercice comptable, ramenés à 37 500 € au taux réduit de 5 %.

La liste complète de ce qui doit figurer sur une facture est détaillée dans le guide des mentions obligatoires. C’est le meilleur moyen d’éviter l’amende la plus banale, celle des 15 € par ligne manquante.

Comment échapper à l’amende en cas de premier manquement ?

La loi prévoit une porte de sortie, à deux conditions cumulatives.

  • Il doit s’agir de la première infraction constatée sur l’année civile en cours et les trois années précédentes.
  • L’infraction doit avoir été réparée spontanément, ou dans les trente jours suivant la première demande de l’administration.

Ce qui veut dire, très concrètement : si vous recevez un courrier qui signale un manquement, le délai de trente jours compte plus que tout le reste. Une facture réémise dans les règles, une transmission rattrapée, et l’amende n’est pas due.

Que vaut l’annonce « aucune sanction en 2026 » ?

Elle est officielle, et elle n’est pas dans la loi. Les montants ci-dessus restent inscrits aux articles 1737 et 1788 D du code général des impôts. Ce qui change, c’est la façon dont l’administration les applique au démarrage.

Le guide pratique de démarrage publié par la direction générale des finances publiques l’écrit noir sur blanc : pendant la phase de démarrage, les sanctions ne sont pas appliquées aux entreprises qui rencontrent une difficulté dans la mise en œuvre de la réforme mais qui sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité. Le 1er septembre 2026, le ministre de l’Action et des Comptes publics a été plus net encore : « aucune sanction ne sera appliquée en 2026 ».

Trois limites à garder en tête.

  • Ce n’est ni un report ni une suspension, le guide le précise lui-même. Les dates de la réforme ne bougent pas, et une facture qui n’a pas pu suivre le circuit électronique reste à régulariser.
  • L’approche suppose une difficulté réelle, documentée et suivie d’actions de correction. Gardez les échanges avec votre plateforme, les tickets de support, les notifications d’incident.
  • Elle ne couvre pas l’inertie, l’évitement, le refus durable d’entrer dans le dispositif, ni les circuits parallèles maintenus sans régularisation. L’administration écrit qu’elle distinguera ces situations des autres.

Pour une micro-entreprise ou une TPE, la portée pratique est limitée : en 2026, vous n’avez que l’obligation de recevoir. Votre obligation d’émission commence le 1er septembre 2027, et aucune annonce ne dit à ce jour comment les sanctions seront dosées à cette échéance.

Que faire si vous n’êtes pas prêt pour le 1er septembre 2027 ?

Commencez par le moins cher. Ouvrir un compte sur une plateforme agréée prend une heure et règle d’un coup la réception et l’émission. Si vous facturez peu, une offre gratuite suffit : les avis d’Indy, d’Abby et de Tiime détaillent ce que chacune couvre.

Ensuite, reprenez vos habitudes de facturation une par une. Une vente encaissée en espèces et notée sur un carnet ne remontera jamais dans l’e-reporting. Un devis transformé en facture sous traitement de texte ne portera pas les nouvelles mentions. Le guide de la facturation électronique reprend la marche à suivre dans l’ordre, et la page auto-entrepreneur traite le cas de la micro-entreprise en franchise de TVA.

Enfin, gardez à l’esprit que l’amende n’est pas le vrai coût du retard. Une facture qui n’atteint pas la plateforme de votre client n’est pas payée. À trente jours de délai moyen, le manque de trésorerie pèse plus lourd que les 50 € de pénalité.

Les étapes, dans l'ordre

  1. Repérez votre date d'obligation. Micro-entreprise, TPE et PME : réception depuis le 1er septembre 2026, émission et transmission des données à partir du 1er septembre 2027.
  2. Vérifiez que vous êtes joignable. Ouvrez un compte sur une plateforme agréée et contrôlez votre inscription à l'annuaire. C'est ce qui éteint le risque de mise en demeure sur la réception.
  3. Faites porter les mentions par votre outil. Le SIREN du client, l'adresse de livraison, la nature de l'opération et l'option pour les débits évitent l'amende de 15 € par mention manquante.
  4. Réparez vite un oubli constaté. Une première infraction réparée spontanément ou dans les trente jours suivant la première demande de l'administration n'est pas sanctionnée.
  5. Gardez la preuve de vos envois. Votre plateforme conserve les accusés de dépôt et de remise. Ce sont eux qui démontrent qu'une facture a bien été émise dans les règles.

Questions fréquentes

Quand les amendes de la facturation électronique commencent-elles pour une micro-entreprise ?
L'amende de 50 € par facture suppose une obligation d'émission. Pour une micro-entreprise, une TPE ou une PME, cette obligation commence le 1er septembre 2027. Avant cette date, vous ne risquez pas d'amende pour une facture PDF adressée à un client professionnel. L'obligation de réception, elle, est en vigueur depuis le 1er septembre 2026, et son manquement passe d'abord par une mise en demeure.
Que se passe-t-il si je ne suis pas joignable par une plateforme agréée ?
L'administration vous adresse une mise en demeure de vous conformer dans un délai de trois mois. Si rien ne bouge à l'issue de ce délai, une amende de 500 € est prononcée et un nouveau délai de trois mois s'ouvre. Si le manquement persiste, l'amende passe à 1 000 €, puis à 1 000 € de plus à chaque période de trois mois.
La première erreur est-elle sanctionnée ?
Non, si c'est la première infraction constatée sur l'année en cours et les trois années précédentes, et si elle a été réparée spontanément ou dans les trente jours suivant la première demande de l'administration. Cette tolérance vaut pour les sanctions propres à la facturation électronique et à la transmission des données.
Est-il vrai qu'aucune sanction ne s'applique en 2026 ?
C'est ce qu'a annoncé le ministre de l'Action et des Comptes publics le 1er septembre 2026, et le guide pratique de démarrage de l'administration prévoit qu'aucune sanction ne frappe une entreprise qui rencontre une difficulté réelle, documentée et suivie d'actions de correction, dès lors qu'elle est engagée dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité. Aucun texte n'a pour autant changé les amendes, et ce n'est ni un report ni une suspension : l'inertie, l'évitement et le refus durable d'entrer dans le dispositif restent sanctionnés.
Les amendes se cumulent-elles entre elles ?
Pas toutes. L'administration précise que les amendes pour fausse facture ou défaut de facturation ne se cumulent pas avec celles qui visent les omissions et les inexactitudes de mentions. En revanche, l'amende par facture non électronique et l'amende par transmission de données manquante relèvent de deux plafonds annuels séparés de 15 000 €.
Une mention obligatoire oubliée coûte-t-elle cher ?
Quinze euros par omission ou par inexactitude, avec un plafond par facture : le total des amendes dues pour un même document ne peut pas dépasser 25 % du montant total de la facture. Une facture de 200 € comportant cinq oublis coûte donc 50 € au plus, et non 75 €.
Mon client peut-il me sanctionner si ma facture n'est pas électronique ?
Il n'a pas de pouvoir de sanction, mais il peut refuser la facture ou ne pas la traiter, puisque sa plateforme ne l'aura pas reçue. C'est le risque le plus immédiat : un paiement qui n'arrive pas. Les amendes sont prononcées par l'administration fiscale, souvent à l'occasion d'un contrôle.

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